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SOURCES ET INTERPRÉTATIONS,
Dit l’orfèvre de Syracuse, Damoclès, était un riche artisan qui évoluait dans la cour du tyran Denys. Comme tout courtisan qui se  respecte, Damoclès flattait Denys à tel point qu’il lui fit comprendre qu’il  enviait le statut que  son pourvoir lui procurait. Fort de ce constat, Denys lui proposa de profiter de son pouvoir en prenant place une journée entière sur son trône. Lors de cette opportunité Damoclès remarqua, à ses dépens, que Denys avait soigneusement au-dessus de son trône suspendu  une épée à un fil qui pouvait à tout moment céder.
Voici dans ce résumé, ce que le mythe de Damoclès, écrit en -350 par Timée de Tauroménion, peut nous apprendre sur le pouvoir. Tout en restant  un propos ouvert autant  dans «le vouloir» de Damoclès, que dans l’action de Denys, ce sujet central ramène les acteurs de ce mythe aux archétypes respectifs du désir et de la possession.
Le désir de croire que le statut social et la richesse mènent au pouvoir sans en connaître ni les tenants ni les aboutissants.
La possession du pouvoir que, même le temps d’un jour, on ne cédera qu’aux conditions de la violence et du danger dans lesquelles il est forgé avec pour gageure, la vie même de celui qui voudrait ou pourrait y accéder.

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PARALLÈLES ET INTEMPORALITÉ
Dans ce mythe, la notion de pouvoir autour du désir et de la possession est étonnamment moins directe que celle des us et coutumes de la guerre propres à cette époque où l’arme n’est que rarement distante et la confrontation plus frontale. Ici, il s’agit de la mise en place d’un processus basé sur la peur qui implique la position de celui qui possède le pouvoir. Dans un stratagème ourdi au sein de l’entente d’une caste élevée, le pouvoir et la peur deviennent la conséquence et la cause l’un de l’autre réciproquement.  Une mécanique implacable où l’action ne peut venir à bout du problème qu’elle a elle-même engendrée. Si l’on supposait une suite directe au mythe de Damoclès, l’action ne changerait probablement pas: seuls les statuts des acteurs s’inverseraient comme un éternel recommencement.
Les prémisses de cette observation sont d’autant plus tangibles dans un contexte contemporain où cette mécanique autour du pouvoir génére du profit. Non plus celui comme jadis de la possession territoriale mais celui découlant du mécanisme lui-même.
Lors de son discours d’adieu le 17 janvier 1961, le président américain Dwight D. Eisenhower nous fait part d’une mise en garde sur ce type de mécanique qu’il nommera le complexe militaro-industriel. Ce rapprochement entre l’armement l’industrie et l’économie plongerait le monde dans une spirale où l’action de guerre ne se résume qu’au profit ramenant sa charge destructrice à de simples dommages co-latéraux faisant fi de toute éthique, du respect des libertés et de la vie elle-même.

LE POURQUOI DU PROJET DAMOCLES
Actuellement à quoi peut-on attribuer l’épée de Damoclès dans une époque où:


-   chaque nation se met en joue les unes contre les autres


-   la menace devient un équilibre figé dans la
    surenchère du potentiel de destruction


-  le politique vend autant qu’il dirige au gré des
   crises omniprésentes générées par la remise
   en cause du factuel induit par la technologie
   de communication.

 

Si l’épée en tant que danger constant peut être assimilée à un concept, c’est bien celui du complexe militaro-industriel que le projet DAMOCLES se veut de mettre en évidence.

 

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PROJET SUR INSTAGRAM ET FACEBOOCK

https://www.instagram.com/jodartwork

 

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PRÉSENTATION INEDITE

LORS DE L'EDITION 2026

DU 28.08 AU 19.07.2026

 

L’ÉCRITURE DU PROJET
Comme toute installation, DAMOCLES est une scénographie des lobjets. Une scène qui s’écrit en utilisant leur symbolique respective comme acteur d’une narration. Tout ici se veut être au service du propos afin que chaque détail puissent ouvrir le débat vers son enrichissement.

Objet 1 / l'épéé / voir image 1-2-3

Dans la narration à la source du mythe, cet objet suspendu au-dessus du trône endosse le rôle et la position de l’épée.Ici, dans son interprétation propre au projet, il prend la forme d’un lustre symbole évident de pouvoir et de richesse. Toutefois il garde, par la forme des diverses unités qui le composent, sa charge de menace constante. Sa complexité qui évoque cette machinerie, somme d’un amalgame irréversible  entre puissance destructrice et profit, forme un rapport direct avec le complexe militaro-industriel actuel,

 

Ojet 1 / dscription en détail

Cette pièce est composée de deux types d’unités façonnées dans des matériaux qui simulent le rendu de l’or et du cristal propres à l’objet.

Unités en rendu or
204 canettes d’aluminium recyclées sont  montées en 2 types à la façon de l’origami. 48 représenteront des avions de combat Lockheed Martin F-35A Lightning II produit par les USA et l60 autres, des missiles Oreshnik de  fabrication russe.
Pertinence /  la matière, la façon et le choix
La matière: ici ce type d’aluminium représente la consommation. La notion de recyclage évoque non pas une idée de décroissance, mais celle d’un recommencement qui ramène perpétuellement au stade initial.
La façon: dans une manufacture proche de l’origami, leur forme évoque, dans une ironie sur le pouvoir et de ces conséquences, celles des jouets. Fabriqués hors de toute technologie de pointe, leur rendu symbolise le déséquilibre économique entre ceux qui produisent et ceux qui consomment.
Le choix: seul ici la provenance de ces deux unités fait référence à la base du complexe militaro-industriel depuis la guerre froide. Hormis ce choix, celui du type se veut d’ouvrir le débat sur les causes et conséquences largement plus proches que l’on pourrait le croire
Eléments en rendu cristal
Initialement dans un lustre, l’utilisation du cristal est une technologie qui, par effet de prisme, optimise la puissance de la source lumineuse. Dans ce contexte ces éléments qui dessinent la propulsion des avions et missiles seront factices afin de soulever cet aspect «jouets», tout  en dégageant cette notion de puissance et de technologie, mais ici non pas au service de la lumière mais bien à celui du feu

 

OBJET 2 / LE TRONE / voir image 3

Par rapport au mythe, sa fonction ne change pas, cet objet reste une assise. C’est par son style, dit empire, que la symbolique opère. En vogue entre 1803 et 1823, ce style créé par Charles Persier sous la directive de Napoléon 1e, attribue à cet objet l’idée constante de reconfigurer les limites territoriales par le feu et le fer. Concept qui resurgit dans l’érosion de nos démocraties actuelles.
Afin de garantir son rendu or et le respect de ce style, cet objet est également réalisé, sur la base d’une structure rigide, avec des canettes d’aluminium recyclées.

 

OBJET 3 / LE CHAMP DES CONSÉQUENCES / VOIR IMAGE 4
Dans le mythe, le stratégie du tyran Denys met Damoclès dans une situation de menace orientée sur sa personne comme pour lui montrer que la position  de pouvoir doit faire face au risque de complot ou d’assassinat.
Maintenant, même si ces méthodes ont encore cure, la complexité des conflits induit des conséquences tout autres.
L’arme est distante puissante, programmée, voir auto-programmée. Due à son statut dit dissuasif, sa surenchère technologique déploie une puissance destructrice dictée par le rythme d’une communication immédiate. C’est une machine qui broie tout ce qui ne sert pas à son mécanisme.
Dans l’objet 3 champ des conséquences, il ne s’agit plus de symbole mais de puissance évocatrice. Fait d’amoncellement de constructions sommaires en bois calcinés, ces édifices, prêts à tomber en cendre, évoquent ce qu’il reste d’un bûcher semblable peut-être à celui des vanité.

© 2023 par Sarah Laroche. Créé avec Wix.com

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